Pour toi
Nisrine
Une lettre, parce qu’il est temps.
Et là, Nisrine, tu m’énerves vraiment !
Oui, vraiment.
Parce que je te vois encore t’effacer, te diminuer, minimiser ce que tu es, comme si tu avais appris depuis toujours à occuper le moins d’espace possible pour ne déranger personne.
Et cela me met profondément en colère.
Non pas contre toi.
Mais contre tout ce qui t’a appris cela.
Contre tout ce qui a pu te faire croire, un jour, que tu devais être moins visible, moins ambitieuse, moins brillante, moins libre ou moins importante que tu ne l’es réellement.
Je crois que c’est l’une des choses qui me révoltent le plus : voir une femme intelligente, cultivée, sensible, compétente et profondément humaine finir par douter de sa propre valeur parce qu’on lui a répété, explicitement ou implicitement, qu’elle devait rester à sa place.
Quelle place ?
Celle que d’autres auraient définie pour elle ?
Certainement pas.
Chaque fois que tu te rabaisses, chaque fois que tu minimises ce que tu apportes, ce que tu accomplis ou ce que tu représentes, quelque chose en moi se cabre.
Parce que je connais ta valeur.
Je vois ton intelligence.
Je vois ta capacité de travail.
Je vois ta loyauté.
Je vois ton courage.
Je vois aussi la qualité humaine exceptionnelle que tu portes en toi et que beaucoup sont incapables de reconnaître parce qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes ce qu’ils observent chez toi.
Alors NON.
Je refuse que tu te regardes avec les yeux de CEUX qui ne t’ont jamais comprise. Les loosers !
Je refuse que tu mesures ta valeur à l’aune des limites intellectuelles, culturelles, religieuses ou émotionnelles de certaines personnes.
Tu vaux infiniment plus que tous ceux qui ont essayé de te convaincre du contraire.
Et ce qui m’exaspère parfois, ce n’est pas ce que les autres pensent de toi.
C’est que tu leur accordes encore le pouvoir de définir qui tu es.
Tu n’as pas à demander la permission d’exister.
Tu n’as pas à t’excuser d’être brillante.
Tu n’as pas à t’excuser d’être une femme libre.
Tu n’as pas à t’excuser d’avoir du talent.
Tu n’as pas à t’excuser d’être toi.
Alors cesse de te diminuer.
Regarde-toi enfin avec un peu de la bienveillance et de l’admiration que l’on doit porter sur toi…
Parce qu’il est temps que tu comprennes ce que je vois déjà depuis longtemps :
Tu as bien plus de valeur que tu ne l’imagines.
Et certainement bien davantage que tous les perdants qui ont essayé, un jour, de te faire croire le contraire.
